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Quand je sais exactement quoi faire… mais que je ne le fais pas.

Dernière mise à jour : il y a 17 heures

Petite enquête sur la procrastination des gens parfaitement lucides


  1. Sur les lieux du drame



La scène est toujours la même.

Je suis assise à mon bureau.

Le café est chaud. L’ordinateur est allumé. Le document est ouvert.

Le titre est là. Le curseur clignote. Il me regarde.

Moi aussi.

Tout est prêt.Tout est clair.Tout est raisonnable.

Et pourtant… je fais autre chose.

Je range un stylo qui n’était pas vraiment mal rangé.

Je relis un mail déjà envoyé.

Je vérifie un détail sans importance vitale.

Je me lance dans une micro-tâche parfaitement inutile, mais très rassurante.

À ce stade, je ne procrastine pas. Je chorégraphie l’évitement avec beaucoup de sérieux.

Objectivement, je travaille. Subjectivement, je fuis.

Et pendant que je m’active comme une personne responsable, Lili me regarde faire. Sans jugement. Avec ce léger air qui dit :« On sait toutes les deux que tu n’es pas en train de faire ce que tu sais devoir faire. »

  1. Alors, je me suis demandé....



Pourquoi, quand je sais exactement quoi faire, je trouve toujours mille bonnes raisons de ne pas le faire tout de suite ?


Pourquoi cette tâche précise — pas les autres — devient soudain lourde, floue, presque déplacée dans mon agenda mental ?


Pourquoi est-ce que je confonds si facilement être occupée et avancer réellement ?


Et surtout :pourquoi ai-je appris à appeler ça de la paresse, alors que, manifestement, je suis en train de déployer une énergie considérable à ne pas faire ce qui compte ?


  1. Autopsie psycho-dilatoire


(ou comment remettre à plus tard devient une stratégie très élaborée)



La procrastination n’est pas un problème de volonté. C’est un problème de coût émotionnel.


Ce que je repousse n’est pas une action. C’est ce qu’elle implique.

Faire cette chose-là, maintenant, ce serait :

  • m’exposer un peu plus,

  • assumer un choix,

  • fermer une option,

  • prendre une position.


Et ça, même quand c’est juste, ça demande plus que de l’organisation :ça demande du courage tranquille.


Alors le mental négocie. Il propose des détours intelligents. Il fabrique de l’occupation pour éviter la décision.


Et comme cette agitation est socialement très bien vue, personne ne soupçonne que je suis en train d’éviter l’essentiel.

Pas même moi. Enfin… pas complètement.

  1. Rééducation du passage à l'acte ( sans héroïsme inutile)


J’ai fini par comprendre une chose simple : on ne sort pas de la procrastination en se secouant plus fort.

On en sort en regardant ce qu’on protège.


Exercice sans slogans ni promesse de performance :


Je prends un cahier, un stylo et je dessine un tableau avec 4 colonnes:

– Ce que je repousse exactement

– Ce que cette action m’obligerait à assumer

– Ce que je risque si je la fais

– Ce que je perds à continuer d’attendre


Et surtout je me pose cette question, très sobre, très efficace :

Qu’est-ce que je redoute vraiment de perdre si je fais ce que je sais devoir faire ?


Souvent, la réponse n’a rien à voir avec le temps.

Et beaucoup à voir avec l’identité.



Procrastiner, ce n’est pas être faible.

C’est être lucide… sans encore être prêt à payer le prix de cette lucidité.


Mais il arrive un moment où remettre à plus tard coûte plus cher que d’y aller.




CHRONIQUE D'UNE COACH

SANS FILTRE (NI ENCENS)

Pour rire, penser et se guérir...
même si c'est pas toujours dans cet ordre!

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