Quand le corps dit stop avant la tête
- Laetitia PARENT

- 3 déc. 2025
- 2 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 17 heures
Ou comment j’ai longtemps cru que " ça allait passer"
Sur les lieux du drame

Je vais bien.
Enfin… bien comme une adulte responsable va bien.
Je me lève.
Je fais ce qu’il faut.
Je coche des cases invisibles avec beaucoup de sérieux.
Mon corps, lui, commence par de petites allusions. Subtiles. Presque élégantes.
Une fatigue qui traîne comme un invité qui ne comprend pas que la soirée est finie.
Une tension dans les épaules, genre sac à dos émotionnel jamais posé.
Un sommeil léger, version "je dors mais je reste en veille".
Et c'est fou comme je relativise.
Parce que je suis quelqu’un de raisonnable. Et les gens raisonnables appellent ça le "stress".
Le stress....ce mot magique.
Celui qui permet de tout expliquer sans jamais rien changer.
Pendant ce temps-là, mon corps prend des notes.
Silencieusement.
Il observe.
Il attend.
Alors, je me suis demandé....

À quel moment ai-je décidé que mon corps était un collaborateur un peu pénible,
toujours en train de se plaindre pour un rien ?
Pourquoi est-ce que je fais plus confiance à mon agenda qu’à mes sensations ?
Pourquoi est-ce que, face à un signal physique, ma première réaction est : « Oui mais là, ce n’est pas le moment » ?
Et surtout : depuis quand tenir est devenu plus valorisé que aller bien ?
Autopsie psycho-corporelle
(version service après-vente)

Le corps fonctionne comme un service client très patient.
Il commence par envoyer des mails polis.
Puis des relances.
Puis des messages un peu plus clairs.
Mais comme il ne met jamais “URGENT” en objet, la tête classe ça dans à traiter plus tard.
La tête, elle, adore tenir.
Elle adore expliquer.
Elle adore prouver qu’elle gère.
Alors elle négocie avec le corps :
– encore un peu
– après ce dossier
– quand ça ira mieux autour
Jusqu’au jour où le corps change de stratégie.
Il ne discute plus.
Il débranche.
Fatigue XXL.
Brouillard mental.
Irritabilité en option par défaut.
Pas pour se venger.
Juste parce qu’il a essayé toutes les autres options.
Rééducation de l’écoute corporelle (sans encens ni tambour)

J’ai fini par comprendre un truc essentiel : mon corps n’est pas contre moi.
Il n’est pas fragile.
Il est cohérent.
Exercice simple, sans posture yogi :
Je prends un cahier, un stylo et je dessine un tableau avec 4 colonnes:
– Ce que mon corps me dit régulièrement
– Ce que je fais pour ne pas l’entendre
– Ce que ça me coûte de continuer comme ça
– Ce que je redoute si je ralentis vraiment
Et surtout je me pose sincèrement cette question, très simple, très dérangeante :
Et si mon corps n’était pas en train de me freiner… mais de me sauver du mur ?
Écouter son corps, ce n’est pas tout arrêter.
C’est parfois arrêter juste assez pour éviter l’arrêt forcé.

Le corps ne dit jamais stop par caprice.
Il le dit quand la tête a refusé d’écouter trop longtemps.
Ce n’est pas un échec.
C’est un rappel à l’ordre biologique.
Et parfois, la vraie intelligence, ce n’est pas de continuer coûte que coûte.
C’est de comprendre que le corps, lui, ne bluffe jamais.
CHRONIQUE D'UNE COACH
SANS FILTRE (NI ENCENS)
Pour rire, penser et se guérir...
même si c'est pas toujours dans cet ordre!





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