Le vertige du changement
- Laetitia PARENT

- 3 sept. 2025
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 17 heures
Quand la vie commence à grincer avant même qu'on ait décidé de tourner la page
Sur les lieux du drame

Quelque chose ne passe plus.
Ce n’est pas un effondrement spectaculaire.
Pas de scène dramatique avec musique en arrière-plan.
Juste cette sensation étrange que ma vie est devenue une paire de chaussures trop petites : ça se porte encore, mais chaque pas me rappelle que ce n’est plus adapté.
A mon travail tout va.....bien, mais....pas d’élan.
Ma relation de couple fonctionne, mais en mode économie d’énergie.
Mon quotidien bien réglé, bien rempli… est bizarrement creux.
Rien d’alarmant, officiellement.
Rien qui justifie une décision radicale au regard du monde extérieur.
Mais suffisamment pour m’user, me fatiguer, m’irriter.
Mais je continue.
Je fais ce que je sais faire. Je tiens la barre.
Je peux même expliquer, avec des arguments très raisonnables, pourquoi tout va ........globalement bien.
Sauf qu’à l’intérieur, le décor a déjà changé. Il faut qu'il change ! Et je le sais.
Le changement n’est pas encore acté. Mais il a déjà commencé.
Et cette zone intermédiaire — ni dedans, ni dehors —
c’est un peu comme rester coincée sur le palier avec ses cartons sans oser sonner.
Alors, je me suis demandé....

Pourquoi est-ce si inconfortable, même quand on veut changer ?
Pourquoi une reconversion, une rupture ou un déménagement choisis donnent-ils l’impression de sauter sans filet… alors qu’on a soigneusement préparé la sortie ?
Pourquoi quitter une situation connue, même moyenne, paraît parfois plus risqué que d’y rester encore un peu, en se répétant que ça pourrait être pire ?
Et surtout, pourquoi avons-nous appris à interpréter la peur comme un signal d’erreur, alors qu’elle ressemble souvent davantage à un panneau "travaux en cours "?
Est ce que finalement, ce qui fait peur, au fond, ce ne serait pas tant le changement, mais ce moment précis où l’on ne sait plus très bien qui l’on est, sans encore savoir qui l’on devient?
Autopsie psycho-transitoire

Changer, c’est perdre quelque chose : le connu.
Même inconfortable, le connu rassure.
Il donne des repères. Une identité. Un rôle clair.
On sait comment se présenter.
On sait ce qu’on attend de nous.
On sait où poser les pieds, même si le sol est un peu bancal.
La transition, elle, oblige à passer par une zone floue.
Un sas.
Un entre-deux où les anciens rôles ne tiennent plus et où les nouveaux ne sont pas encore définis.
C’est là que surgissent les grandes questions existentielles :
Et si je me trompais ?
Et si je perdais tout ?
Et si je n’étais pas capable ?
La résistance au changement n’est pas un manque de courage. C’est une tentative de protection.
Le mental préfère un inconfort connu à une incertitude totale.
Alors il temporise. Il rationalise. Il freine. Il appelle ça de la prudence.
Mais refuser la transition ne l’empêche pas.
Cela la rend simplement plus longue, plus silencieuse… et souvent plus épuisante.
Rééducation émotionnelle

J’ai compris une chose essentielle : on ne traverse pas une transition en supprimant la peur. On la traverse en marchant avec elle, sans lui confier le volant, le GPS et les décisions stratégiques.
Exercice simple, sans mantra ni promesse miraculeuse :
Je prends un papier et un crayon.
Je fais un tableau avec 3 colonnes.
– Ce que je quitte réellement (pas seulement la situation, mais ce qu’elle représentait pour moi)
– Ce que je crains de perdre si je change
– Ce que je perds déjà en ne changeant pas
Puis , j eme pose cette question, un peu inconfortable mais décisive :
Ma peur parle-t-elle d’un danger réel…ou du deuil d’une ancienne version de moi qui n’a pas encore rendu les clés ?

Changer, ce n’est pas fuir.
C’est parfois accepter de ne plus faire semblant de tenir dans une vie devenue trop étroite.
Je n’ai pas encore toutes les réponses.
Mais j’ai arrêté de faire comme si la question n’existait pas.
Et bien souvent, c’est exactement comme ça que le mouvement commence!
CHRONIQUE D'UNE COACH
SANS FILTRE (NI ENCENS)
Pour rire, penser et se guérir...
même si c'est pas toujours dans cet ordre!





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